Hospitalité : nous sommes appelés à l’amour et à la tendresse

1 juin, 2018

Photo: Albin Hillert/CEC

Alors que les 114 Eglises membres de la Conférence des Eglises européennes (KEK) sont rassemblées à Novi Sad, Serbie, pour évoquer l’avenir de l’Europe et de cette institution, la question de l’hospitalité a pris une place centrale dans les débats.

La première journée de l’Assemblée générale de la KEK qui se tient à Novi Sad jusqu’au 5 juin était consacrée à l’hospitalité, l’un des trois principaux thèmes dans cette réflexion globale sur l’avenir de l’Europe et du travaill de la KEK et de ses Eglises membres.

Lors de la conférence de presse d’ouverture de l’Assemblée, le père Heikki Huttunen, secrétaire général de la KEK avait souligné combien le choix de Novi Sad était significatif : « au centre géographique du continent, et pourtant en-dehors de l’Union européenne. C’est l’une de ces situations complexes que nous aimons au sein de la KEK, car elle oblige à entendre plus qu’une seule histoire univoque, à partager des histoires multiples à partir de divers points de vue. »

Sur la question de l’hospitalité, le panel des orateurs de la première matinée a justement permis d’entendre ces histoires croisées en donnant la parole à des responsables d’Eglises tout à la fois dans des pays d’émigration et dans des pays d’immigration. Sa Sainteté Mor Ignatius Aphrem II, Patriarche de l’Eglise orthodoxe syriaque, implantée en Syrie et en Irak et le pasteur Meletis Meletiadis, de l’Eglise évangélique de Grèce, ont pris la parole après que la journée avait été introduite par une étude biblique conduite par le pasteur Luca Negro, président de la Fédération des Églises protestantes en Italie.

Luca Negro a interpelé l’assemblée à partir du texte biblique du livre de la Genèse : « De quel côté voulons-nous nous tenir en tant qu’Eglises en Europe ? Du côté de la xénophobie ou du côté de l’amour de l’étranger ? Du côté d’Abraham et de Sarah qui ont accueilli des inconnus dans leur campement aux Chènes de Mamré ou du côté des habitants de Sodome qui ont rejeté Lot et sa famille ? » Relisant ce passage biblique à la lumière de la célèbre icône de le Trinité de Roublev, qui illustre cet épisode, il a fait de la question de l’hospitalité, non pas seulement une valeur chrétienne parmi d’autres, mais une vertu au cœur de la foi chrétienne. Conscient que cette intiative n’est qu’une goutte d’eau dans la « Méditerranée des besoins des migrants venus de Syrie », son étude biblique a évoqué les couloirs humanitaires mis en œuvre par la Fédération des Eglises protestantes en Italie avec d’autres pour offrir des parcours de migrations sûrs et qui ont déjà permis d’accueillir plus de 1200 personnes en Italie.

Sa Sainteté Mor Ignatius Aphrem II a également évoqué cette dimension divine de l’hospitalité, soulignant que Jésus lui-même avait vécu la vie d’un réfugié : « Dès sa naissance, sa famille a été obligée de fuir en Egypte, et durant sa vie, ‘le Fils de l’homme n’avait même pas une pierre pour reposer sa tête’. » Patriarche d’une Eglise située en Irak et en Syrie, s’il a souligné cette obligation pour les Chrétiens et les Eglises européennes à s’engager dans l’accueil et le secours, il les aussi enjointes à favoriser le retour dans les pays d’origine. « Le départ de tant de familles de nos pays est une véritable tristesse pour moi, c’est mauvais pour tout le monde : pour les chrétiens, pour les musulmans et pour les pays eux-mêmes. »

Si les Eglise présentes semblent s’accorder sur cette hospitalité à vivre à l’égard des réfugiés au niveau du continent européen, elles n’en ignorent cependant ni les difficultés ni les freins. « Les réfugiés, au Royaume-Uni, sont souvent traités par le rejet, voire avec indignité », s’est ainsi ému Fleur Houston, de l’Eglise réformée unie du Royaume-Uni, lors de l’un des ateliers consacrés à la question, « et je dois dire que les Chrétiens ne sont pas immunisés contre cette attitude de rejet. » « Malgré le poids que cela représente pour certaines d’entre elles, beaucoup d’Eglises sont malgré tout concrètement engagées dans l’accueil des réfugiés ou dans la mise en place de parcours de migrations sûrs », relève Jovana Savic, coordinatrice pour l’Europe du Church World Service. Une réalité qu’appuie la secrétaire générale du Conseil d’Eglises au Moyen-Orient, Souraya Bechealany, base au Liban : « 60 % de notre activité diaconale se concentre aujourd’hui sur l’accueil des réfugiés syriens, en particulier dans la scolarisation des enfants. Aucun autre pays ne fait ce que nous faisons. »

L’Assemblée générale est l’organe suprême de la Conférence des Eglises européennes. Elle a lieu tous les cinq ans et se compose de délégué-e-s nommé-e-s par les Eglises membres ainsi que de représentant-e-s des organisations associées et des organisations partenaires. Pour de plus amples informations sur l’histoire et les activités de l’Assemblée générale, veuillez consulter le site Web de la KEK.

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