Archevêque de Canterbury Appelés à être des ouvriers de paix en Europe

4 juin, 2018

Photo: Mladen Trkulja/CEC

Certains pourraient trouver ironique que l’un des orateurs sur la question de l’avenir de l’Europe à l’Assemblée générale de la Conférence des Eglises européennes (KEK) qui se réunit à Novi Sad, en Serbie, soit un représentant de l’Eglise d’Angleterre, un peu plus d’un an après le Brexit.

Justin Welby, archevêque de Canterbury, ose un « l’Europe n’est pas en danger. Et il n’y a aucune raison pour que je suggère que le Brexit ou quelque autre crise actuelle ferait dérailler l’Union européenne ou entraînerait la chute de l’Europe » devant les 450 participants de l’Assemblée de la KEK, lors de son discours sur la question de l’avenir de l’Europe. Face aux questions d’un journaliste qui, lors de la conférence de presse, lui demande de préciser sa pensée – en particulier à l’égard des jeunes qui représentent cet avenir – il file la métaphore footballistique à quelques jours de l’ouverture du Mondial. « Si vous voulez avoir le ballon, il faut que vous soyez sur le terrain ! Je crois qu’il faut d’abord tenir ce discours aux jeunes.»

Au-delà de cet appel à l’engagement citoyen, l’archevêque de Canterbury a surtout appelé à l’engagement des chrétiens et des Eglises. « L’Eglise dépasse les limites et les frontières comme si elles n’existaient pas. En étant en Christ, je suis uni par Dieu en une famille qui s’étend tout autour du monde et croise les frontières culturelles, linguistiques et œcuméniques, sous la conduite de l’Esprit qui abat tous les murs que nous cherchons à ériger. »

Evidemment, cet appel à dépasser les frontières résonne de façon particulière dans le contexte de la ville de Novi Sad – théâtre de bombardements de l’OTAN en 1999, au sein de ce pays aux portes de l’Union européenne – et au cours de la rencontre centrale de la vie de la KEK. « Le don de la réconciliation doit appeler les Eglises à l’unité, et en cela, nous attachons une grande importance à la KEK et au travail œcuménique. La réconciliation est également bien plus que cela : elle nous tire en avant dans notre recherche à être des ouvriers de paix. »

Evoquant les blessures encore vives sur le continent européen et au sein des Eglises, il a reconnu que ce chemin de réconciliation et que la tâche des ouvriers de paix étaient ardus. « C’est le voyage de plusieurs générations, en ce que nos ressentiments et nos haines historiques s’érigent en rébellion du fond de nos cœurs. Il ne s’agit pas d’être d’accord en toute chose – c’est impossible ! – mais d’être dans l’acceptation de la diversité, et même du désaccord, mais en restant dans l’amour en toutes choses. »

Reconnaître et accepter ces désaccords, tout en restant dans l’amour, c’est aussi une chose à enseigner à la jeunesse de nos pays. Au cours de la conférence de presse, consécutive à son intervention, il a invité à emmener les jeunes dans les lieux qui font mémoire des déchirures de l’Europe et à les accompagner pour qu’ils s’engagent dans des lieux qui ont récemment souffert de guerres fratricides. « J’ai emmené mes propres enfants au Mémorial de Caen – ils ont découvert que dans les conflits les responsabilités sont toujours partagées ; c’est le poison même du conflit. Ils se sont également engagés dans l’action humanitaire ; cela a changé leur vie ! »

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